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Le Brésil après les urnes : le rallye ouvre des perspectives, mais le pari budgétaire reste à confirmer

Le premier tour de l’élection a dopé les actions brésiliennes et le réal, et conduit Citi, JPMorgan et Morgan Stanley à proposer de nouvelles stratégies. La poursuite de cette hausse dépendra de la traduction des attentes de discipline budgétaire et de réformes en mesures concrètes.

Une urne en pierre sombre avec un bulletin vierge dans la fente, près d’un cavalier d’échecs en métal et d’une boussole posés sur une surface grise.
Illustration conceptuelle générée par IA · Edition Business

Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne a provoqué une forte réaction des marchés. Lors de la séance suivante, l’Ibovespa a progressé de 7,7 %, jusqu’à un sommet de 206 911 points, tandis que le réal s’est apprécié de 4,12 % face au dollar. Les banques et d’autres entreprises exposées à l’économie locale ont mené une partie de la hausse, dans un mouvement qui reflétait des anticipations politiques, et non des changements déjà mis en œuvre dans la politique économique.

Le résultat a surpris le marché : Flávio Bolsonaro a obtenu 47,03 % des suffrages exprimés et Luiz Inácio Lula da Silva, 45,16 %. Tous deux se sont qualifiés pour le second tour. Parallèlement, la progression des forces de droite au Congrès a nourri chez les investisseurs la possibilité d’un gouvernement davantage favorable à l’assainissement budgétaire et aux réformes économiques.

Les banques misent sur une éventuelle poursuite du mouvement

Différents établissements financiers ont proposé des stratégies pour tirer parti d’une éventuelle deuxième phase du rallye. Citi a décrit une opération antérieure reposant sur une option numérique sur l’USD/BRL et a indiqué avoir décidé d’accroître son exposition au Brésil après la réaction électorale, augmentant ainsi son risque brésilien existant, selon la couverture de Bloomberg Línea. Sa thèse envisage une amélioration de la politique budgétaire, des privatisations et une baisse des coûts de financement, mais ces résultats dépendront de décisions futures.

Citi a également décrit une opération sur contrats à terme sur l’Ibovespa : une entrée à 208 990 points, un objectif de 250 000 et un niveau de surveillance de 190 000. Ce chiffre correspond à une position et à un scénario propres à cet établissement, et non à une prévision garantie ni à un résultat observé.

JPMorgan a relevé sa recommandation sur les actions brésiliennes de « neutre » à « surpondérer » et estimé que le MSCI Brazil pourrait progresser d’environ 12 % à court terme, avec une appréciation potentielle pouvant atteindre 20 % par la suite. Dans une autre analyse, la banque a estimé que le multiple cours/bénéfices à 12 mois pourrait passer de 8,9 à environ 10,9 fois. Elle a également avancé que le taux de change pourrait tester les 5 réals pour un dollar et considéré qu’il était possible qu’il atteigne 4,80 dans les semaines suivantes.

Morgan Stanley a fixé à 250 000 points son objectif pour l’Ibovespa dans un scénario favorable, contre une référence précédente de 192 000. Pour le réal, la banque a d’abord évoqué la possibilité d’une cassure sous des niveaux proches de 4,90 réals pour un dollar puis, dans un scénario haussier, d’une progression jusqu’à 4,50 au premier trimestre 2027. Ces anticipations sont soumises aux conditions politiques et de marché que l’établissement juge pertinentes.

Un modèle de banque en bronze à colonnes, des piles de pièces dorées, un tonneau sombre avec une goutte dorée et un petit bâtiment en construction sur des blocs de pierre, avec une montagne visible en arrière-plan par une fenêtre.
Illustration conceptuelle générée par IA · Edition Business

Les banques, Petrobras et les entreprises sensibles au crédit se sont distinguées lors de la séance

La réaction initiale a été particulièrement marquée pour plusieurs valeurs financières : BTG Pactual a progressé de 22,52 %, Bradesco de 13,57 %, Banco do Brasil de 11 % et Itaú Unibanco de 10,37 %. Petrobras a également progressé, bien que le Brent ait reculé d’environ 2 % ce jour-là. Ces mouvements montrent où les achats se sont concentrés, mais ne prouvent pas, à eux seuls, que les perspectives de bénéfices de ces entreprises ont changé.

Dans son portefeuille recommandé pour octobre, Santander a augmenté la pondération de Petrobras de 12 % à 17 %, celle d’Itaú de 12 % à 13 %, celle de Bradesco de 3 % à 5 % et celle de BTG Pactual de 6 % à 7 %. La banque a également accru les positions de Localiza et RD Saúde, et remplacé Direcional par Cyrela dans le secteur de la construction. Elle a lié ces changements à une plus grande sensibilité à une éventuelle amélioration du marché intérieur.

Les thèses relatives à chaque entreprise sont assorties de conditions qui lui sont propres. Santander a mis en avant la discipline de crédit, la génération de capital et la rentabilité d’Itaú ; pour BTG, la banque a souligné l’exposition aux marchés des capitaux. Chez Bradesco, la possibilité d’un redressement des résultats coexiste avec le risque que la détérioration du crédit pèse sur les bénéfices. Pour Localiza et Cyrela, des conditions financières plus favorables pourraient être bénéfiques, mais des facteurs tels que le taux d’utilisation des flottes, les ventes et l’exécution des projets comptent également.

L’exposition de Banco Santander au Brésil, qui représente environ 20 % de ses revenus totaux selon XTB, contribue à expliquer l’intérêt pour la banque après les élections. Ses actions ont progressé jusqu’à 3 % au cours de la séance décrite par cette société. Ce mouvement boursier n’élimine pas les risques de l’activité brésilienne et ne constitue pas une garantie quant aux performances futures de l’établissement.

La principale limite : les anticipations budgétaires doivent se traduire en politique

L’optimisme du marché repose sur la possibilité d’une baisse du risque budgétaire perçu. Le Brésil combine une dette publique élevée et des taux d’intérêt élevés ; si les investisseurs s’attendent à une plus grande discipline budgétaire, ils peuvent exiger un rendement moindre pour financer l’État et les entreprises. Mais une élection ne produit pas automatiquement cette amélioration : la capacité du prochain gouvernement à négocier et à mettre en œuvre des mesures sera déterminante.

Les analyses publiées avant le vote soulignaient l’ampleur du défi. Goldman Sachs a estimé le déficit total du secteur public à 9,5 % du PIB sur douze mois et la dette brute à 82,9 % du PIB, selon la méthodologie brésilienne. La banque a estimé qu’il faudrait des excédents primaires structurels supérieurs à 2 % du produit intérieur brut pour engager la dette dans une baisse durable, et a jugé très improbable d’atteindre ce niveau à court terme.

Bank of America a calculé que la stabilisation de la dette exigerait un excédent primaire proche de 3 % du PIB selon ses hypothèses de croissance et de taux. La banque a également averti qu’environ 90 % du budget correspond à des dépenses obligatoires, ce qui limite la marge d’ajustement en l’absence d’accords politiques et de réformes.

Des analystes de marché ont également exprimé des réserves. Marco Saravalle, stratégiste en chef de Krivo Capital, a averti qu’un Congrès de droite n’implique pas nécessairement un engagement en faveur de la discipline budgétaire. Thierry Larose, gestionnaire de portefeuille chez Vontobel, a souligné qu’il restait à vérifier si Bolsonaro ferait preuve de davantage de responsabilité budgétaire que Lula, tout en estimant que, pour le moment, les marchés lui accorderaient probablement le bénéfice du doute.

Ce qui sépare le rallye d’une tendance consolidée

La hausse initiale reflète une attente de changement, et non la confirmation d’un programme économique. La composition du Congrès, les décisions budgétaires, le choix de l’équipe économique et la capacité à faire adopter des réformes influeront sur la pérennité du mouvement. Les risques indépendants de la politique comptent aussi : l’évolution du crédit, des taux et des conditions de financement des entreprises.

C’est pourquoi les opérations et les objectifs publiés par les banques doivent être considérés comme des scénarios conditionnels et non comme des certitudes. La réaction des cours reflète la manière dont les investisseurs ont réinterprété le résultat électoral ; l’écart entre les promesses d’un meilleur ordre budgétaire et les mesures que le prochain gouvernement parviendra à mettre en œuvre constituera le véritable test de cette valorisation.

Sources et méthode

  1. Las acciones del Santander suben tras las elecciones de ... ↗www.xtb.com
  2. Por qué se disparó la Bolsa de Brasil tras las elecciones y ... ↗www.lanacion.com.ar
  3. Brasil ante las urnas: las acciones que miran los bancos y ... ↗www.cronista.com
  4. ¿Cómo invertir tras las elecciones de Brasil? Las estrategias de Wall Street tras el rally ↗Bloomberg Línea
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