Le gouvernement argentin étudie des changements destinés à élargir l’accès au crédit des familles, des commerces et des entreprises, et à réduire certains coûts associés au financement. Les initiatives sont élaborées par la Banque centrale (BCRA), la Commission nationale des valeurs mobilières (CNV) et le ministère de la Déréglementation et de la Transformation de l’État. Selon les informations diffusées par la BCRA, elles visent à promouvoir la concurrence entre les prêteurs, à améliorer la qualité du crédit des emprunteurs et à réduire les coûts de transaction.
Les propositions couvrent trois domaines : les prêts personnels remboursés par retenues sur salaire, les avances de fonds aux commerces sur les ventes par carte et les garanties destinées à faciliter le financement des entreprises. Bien que des axes de travail et des objectifs aient été communiqués, les mécanismes et leurs conditions ne sont pas tous définis ; certaines modifications pourraient nécessiter des changements législatifs.
Prêts personnels avec mensualités retenues sur le salaire
L’une des initiatives vise à élargir le recours au code de retenue, qui permet de prélever les mensualités d’un prêt directement sur le salaire. Le gouvernement étudie la possibilité de faciliter la participation d’un plus grand nombre d’entités à ce type de financement, jusqu’ici associé, entre autres acteurs, aux mutuelles et aux coopératives.
La retenue directe pourrait réduire le risque de défaut de paiement pour le prêteur. Les autorités espèrent qu’une concurrence accrue pour proposer ces crédits contribuera à élargir l’offre et à améliorer les conditions. Toutefois, les critères d’accès, les entités habilitées et la portée du dispositif pour les différents groupes de travailleurs n’ont pas été précisés dans leur intégralité.
Les comptes rendus évoquent également des axes de travail distincts pour les employés du secteur public et ceux du secteur privé. Pour ces derniers, la possibilité de centraliser les flux concernés par l’intermédiaire de COELSA est mentionnée, dans l’intention que le mécanisme n’ajoute pas de tâches administratives à l’employeur. Ces éléments relèvent de propositions en cours d’élaboration et ne permettent pas, à eux seuls, de conclure que le dispositif est opérationnel pour tous les travailleurs.
Coupons de cartes : transformer les ventes futures en liquidités
Le deuxième axe vise à élargir la négociation des coupons générés par les ventes par carte de crédit. Lorsqu’un commerce vend en plusieurs fois, il peut attendre les échéances de paiement ou obtenir les fonds par anticipation au moyen de mécanismes financiers, qui ont un coût.
La proposition consiste à permettre à un plus grand nombre d’acteurs de négocier ces droits à paiement, et pas uniquement par l’intermédiaire des solutions proposées aux clients de chaque acquéreur. Si le marché s’ouvre et que le nombre d’offreurs augmente, l’objectif est que les commerces puissent obtenir des liquidités à moindre coût. Cette baisse est une perspective, et non un résultat garanti.
Pour les PME et les commerces, disposer plus tôt de l’argent des ventes pourrait aider à couvrir les besoins en fonds de roulement, comme le paiement des fournisseurs ou le réapprovisionnement en marchandises. Mais l’effet dépendra des règles définitives, des acteurs autorisés à participer et des conditions de financement qui en résulteront.
Garanties et crédit aux entreprises
Le troisième axe vise à faciliter la garantie des emprunts des entreprises. Parmi les solutions à l’étude figurent l’élargissement des biens et des droits pouvant servir de garantie, ainsi que l’amélioration de leur enregistrement et de leur consultation. Des instruments tels que les gages, les warrants et les billets à ordre sont mentionnés, en plus d’actifs productifs comme les machines et les équipements.
Un système fédéral de garanties et des changements visant à élargir le financement acheminé par l’intermédiaire des Sociétés de garantie réciproque (SGR) sont également à l’étude. Une base de données centralisée sur les biens affectés à des prêts pourrait aider à identifier les garanties existantes, selon la présentation citée dans les comptes rendus. Il est aussi envisagé de revoir les limites de levier des banques lorsqu’elles travaillent avec des SGR.
Il ne s’agit pas encore d’un ensemble de mesures entièrement défini. Une partie des changements liés aux garanties et aux marchés de capitaux pourrait nécessiter l’approbation du Congrès. Les annonces ne permettent donc pas d’anticiper les délais de mise en œuvre ni les conditions concrètes d’accès au crédit.
Ce que les entreprises devraient suivre
Pour les commerces et les PME, les changements pourraient être importants s’ils élargissent effectivement les options de financement et réduisent les coûts liés à l’anticipation des encaissements ou à la garantie des prêts. Pour les familles, le principal changement potentiel serait une offre plus large de crédits remboursés par retenues sur salaire. Dans tous les cas, les taux, les critères et l’entrée en vigueur dépendront des règles et des mécanismes qui seront finalement approuvés.
La question de fond est de savoir comment transformer ces axes de travail en solutions accessibles et concurrentielles. Tant que les règles définitives ne seront pas connues, il convient de distinguer les objectifs annoncés des mesures déjà mises en œuvre : les initiatives décrites sont, pour une bonne part, encore en cours d’élaboration.