Une proposition encore soumise à consultation
Royal Mail a annoncé le 7 octobre 2026 une révision de ses fonctions de siège et de soutien, qui pourrait entraîner la suppression de jusqu’à 2 500 postes d’ici fin 2027. Ce chiffre représente moins de 2 % des effectifs, qui comptent plus de 131 000 personnes. L’entreprise a engagé une consultation formelle avec les syndicats au sujet de cette proposition : il ne s’agit pas de suppressions déjà mises en œuvre.
La société affirme qu’elle compte réaliser cette réduction grâce aux départs naturels — les personnes qui quittent l’entreprise — et à un programme de départs volontaires, sans licenciements obligatoires. Elle indique également que les postes de première ligne, notamment ceux des facteurs, des conducteurs et du personnel chargé de la distribution et du traitement du courrier, ne sont pas concernés par cette restructuration.
L’entreprise invoque l’évolution de la demande
Royal Mail justifie cette révision par la transformation du marché postal. Selon l’entreprise, le volume de lettres a baissé de plus de 70 % depuis son pic, tandis que la demande de livraisons de colis plus rapides et plus pratiques augmente. L’objectif déclaré est de simplifier les processus, de supprimer les doublons et d’améliorer l’efficacité.
Le directeur général, Alistair Cochrane, a soutenu que les changements proposés permettraient de réinvestir dans le service à la clientèle. Il a également affirmé que l’entreprise travaillerait avec les syndicats et entendait traiter les personnes concernées de manière juste et respectueuse. Ce sont les raisons et les engagements avancés par la direction ; la proposition doit encore être examinée dans le cadre du processus de consultation.
Les syndicats contestent les conséquences
Le Communication Workers Union (CWU) et Unite CMA participent aux discussions. Martin Walsh, secrétaire général adjoint du CWU, a mis en cause la gestion de l’entreprise et sa capacité à répondre aux besoins des clients et des collectivités. Il a indiqué que, même si la direction a assuré qu’il n’y aurait pas de licenciements obligatoires et que les postes de première ligne ne seraient pas concernés, la proposition toucherait des emplois administratifs représentés par le syndicat.
Unite CMA a également soutenu que les suppressions de postes ne résoudraient pas les problèmes de qualité du service et a évoqué la concurrence d’opérateurs postaux liés à l’économie des plateformes. Ces positions reflètent les critiques des syndicats ; de son côté, l’entreprise présente la réorganisation comme un élément d’un plan visant à fonctionner plus efficacement.
L’annonce intervient dans un contexte de difficultés à atteindre les objectifs de distribution du courrier. La BBC a indiqué qu’un peu plus de 75 % des lettres de première classe étaient arrivées à temps au cours de l’année clôturée fin mars, contre un objectif de 93 %. L’existence de ces problèmes éclaire le débat, mais ne permet pas, à elle seule, de démontrer l’effet que la réduction des effectifs administratifs aurait sur le service.
Pour les entreprises, le point essentiel à court terme est que l’ajustement annoncé se concentre sur les fonctions centrales et de soutien, tandis que la consultation sur l’emploi et les discussions sur les moyens d’améliorer les opérations postales se poursuivent. La portée définitive dépendra de l’avancée de ce processus.