Le gouvernement colombien a supprimé le plafond global de 30 % qui limitait les investissements des fonds de pension obligatoires dans des actifs détenus à l’étranger. Cette décision est inscrite dans le décret 1490 du 6 octobre 2026, qui modifie le régime prévu par le décret 2555 de 2010 et abroge les dispositions introduites par le décret 0369 de 2026.
À la suite de cette modification, les administrateurs de fonds de pension (AFP) ne sont plus soumis à ce plafond général lié à la situation géographique des actifs. L’abrogation met également fin à l’obligation de présenter à la Superintendencia Financiera un plan d’ajustement progressif visant à respecter ce plafond.
Ce qui change et ce qui reste en vigueur
Le plafond avait été fixé en avril 2026 et prévoyait une période de transition destinée à réduire progressivement l’exposition des fonds aux actifs internationaux, jusqu’à atteindre 30 % en cinq ans. Le décret 1490 supprime cette exigence uniforme, mais n’autorise pas les AFP à investir sans restrictions.
Les limites spécifiques applicables aux différents investissements restent en vigueur, de même que les normes prudentielles et les exigences en matière de gestion intégrale des risques. La modification élargit donc la marge de décision quant à la composition géographique des portefeuilles, sans supprimer les autres contrôles du régime d’investissement des fonds de pension.
La diversification, l’argument du gouvernement
Le ministère des Finances estime que la suppression du plafond permettra de fonder les décisions d’investissement principalement sur des critères de rendement, de risque, de liquidité et de diversification, ainsi que sur les caractéristiques de chaque fonds. Selon l’évaluation technique citée par le gouvernement, un plafond identique pour tous les portefeuilles pouvait restreindre les possibilités d’investissement et compliquer l’application du système des multifonds.
Le ministre des Finances, Miguel Gómez, a déclaré que cette décision vise à protéger l’épargne des travailleurs. Il a également soutenu qu’une restriction des investissements à l’étranger pouvait réduire les possibilités de diversification et nuire au rendement. Ces déclarations expriment la position du gouvernement : la publication du décret élargit les options autorisées, mais ne garantit pas de rendements plus élevés et ne détermine pas, à elle seule, l’évolution des portefeuilles.
L’abrogation modifie ainsi une règle géographique générale, mais pas les critères que les AFP doivent prendre en compte dans la gestion des fonds de pension. La composition effective des investissements restera soumise aux règles en vigueur et aux décisions de chaque administrateur, dans le respect de ces limites.