Le gouvernement argentin a autorisé l’augmentation de trois émissions de dette en pesos afin de régler jusqu’à 221 119,5 millions de pesos d’obligations reconnues envers des entrepreneurs de travaux publics et de transport. La mesure, établie par la Résolution conjointe 59/2026, prévoit de remettre des lettres et des obligations du Trésor au lieu de payer les créances en espèces au moment de l’opération.
Le régime couvre les créances liées à des certificats de travaux, à l’approvisionnement en matériaux et aux révisions de prix correspondant à la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2025. Il inclut également les obligations impayées découlant de contrats de travaux publics résiliés depuis 2024.
Un panier de titres arrivant à échéance entre 2026 et 2027
Le règlement sera effectué au moyen de trois titres capitalisables libellés en pesos, répartis dans les proportions de 33 %, 33 % et 34 %. Le panier comprend une lettre du Trésor arrivant à échéance le 30 octobre 2026, une obligation du Trésor arrivant à échéance le 15 janvier 2027 et une autre arrivant à échéance le 30 avril 2027.
Les augmentations autorisées représentent jusqu’à 171 000 millions de pesos en valeur nominale : 60 000 millions de pesos pour la lettre, 51 000 millions pour l’obligation de janvier et 60 000 millions pour celle d’avril. La limite globale de règlement s’élève toutefois à 221 119 509 519 pesos en valeur effective. La différence tient au fait que les titres seront remis à leur valeur technique, calculée selon leurs conditions financières à la veille ouvrée de chaque remise.
L’adhésion exige d’accepter les obligations et de renoncer aux recours
L’accès au mécanisme n’est pas automatique. Les entreprises concernées doivent adhérer au Régime simplifié d’extinction des obligations découlant de contrats de travaux publics et accepter que leurs créances reconnues soient réglées au moyen de titres publics. Selon les conditions communiquées pour le régime, l’adhésion suppose de renoncer aux recours administratifs ou judiciaires liés aux contrats concernés ainsi qu’à certaines prétentions économiques relatives à ces travaux.
Par conséquent, l’acceptation ne détermine pas seulement la forme du paiement : elle comporte des conditions portant sur les recours liés aux créances. La portée concrète de ces renonciations dépend des documents et des obligations concernés ; les informations disponibles ne permettent pas d’évaluer des situations particulières.
Ce qui change — et ne change pas — dans les comptes publics
L’opération remplace des obligations impayées envers les entrepreneurs par une dette publique assortie d’échéances futures. Comme les instruments sont capitalisables, les intérêts s’ajoutent au capital et sont payés avec celui-ci à l’échéance. Ainsi, la mesure n’implique pas de décaissement immédiat en espèces, mais elle ne supprime pas l’engagement financier de l’État : elle reporte son paiement à octobre 2026, janvier 2027 et avril 2027.
La résolution prévoit que l’opération soit imputée aux crédits budgétaires du ministère de l’Économie destinés à couvrir les obligations des secrétariats aux Transports et aux Travaux publics. Elle indique également que les émissions s’inscrivent dans le cadre des autorisations d’emprunt public prévues par le Budget 2026. Ces éléments décrivent le mécanisme approuvé ; à eux seuls, ils ne déterminent ni l’effet budgétaire total ni le résultat de son application.
En pratique, les entrepreneurs qui adhéreront recevront des instruments dont la valeur et l’échéance diffèrent d’un paiement immédiat en espèces. L’effet pour chaque entreprise dépendra des conditions des titres, de sa situation contractuelle et des modalités acceptées dans le cadre du régime ; ces informations ne constituent ni un conseil juridique ni une recommandation d’investissement.